Vous faites le plein et le litre vous paraît déjà trop cher. Un mécanisme peu connu, les certificats d'économies d'énergie, serait répercuté dans le prix : 15 à 18 centimes par litre selon ses opposants, jusqu'à 9 euros pour 50 litres. Mais il finance aussi des primes de rénovation.
En bref
- Les certificats d'économies d'énergie, créés en 2005, obligent fournisseurs d'énergie et distributeurs de carburants à financer des économies d'énergie.
- Selon leurs opposants, ils pèsent 15 à 18 centimes par litre, jusqu'à 9 euros pour un plein de 50 litres.
- Les supprimer ouvrirait un trou de plusieurs milliards dans la rénovation énergétique, pour un gain à la pompe incertain.
Le chiffre clé : 15 à 18 centimes par litre de carburant, selon les partisans de la suppression des CEE.
Les CEE, une « taxe invisible » glissée dans le prix du litre
Les certificats d'économies d'énergie, ou CEE, ont été créés par l'État en 2005. Le principe : obliger les fournisseurs d'énergie et les distributeurs de carburants à financer des économies d'énergie et des travaux de rénovation.
Ces entreprises ne paient pas de leur poche sans rien demander à personne. Elles ont fini par répercuter ce coût sur les consommateurs. Pour ses opposants, le dispositif est devenu une « taxe invisible » qui renchérit le prix du plein et celui de l'énergie en général.
Précision utile : les principaux responsables de la flambée restent les taxes et les cours du pétrole. Les CEE sont un facteur de plus, beaucoup moins connu, que certains veulent maintenant faire disparaître.
Entre 15 et 18 centimes par litre, un chiffre qui fait débat
Les partisans de la suppression avancent une fourchette : les CEE représenteraient désormais 15 à 18 centimes par litre, soit jusqu'à 9 euros sur un plein de 50 litres. D'autres estimations officielles sont toutefois plus basses, ce qui interdit de présenter ce chiffre comme une certitude.
Voici ce que donne cette fourchette sur différents pleins, par simple calcul :
| Plein | À 15 centimes le litre | À 18 centimes le litre |
|---|---|---|
| 10 litres | 1,50 € | 1,80 € |
| 30 litres | 4,50 € | 5,40 € |
| 50 litres | 7,50 € | 9,00 € |
Le poids du dispositif a aussi grossi. Pour la période 2026-2030, l'État a porté l'enveloppe à plus de 8 milliards d'euros par an, contre environ 6 milliards auparavant.
Près de 200 opérations de rénovation sont en partie payées par les CEE
Quand un particulier touche une prime pour isoler ses combles, installer une pompe à chaleur ou remplacer sa chaudière, une partie de l'aide provient souvent des CEE. Près de 200 opérations sont aujourd'hui financées en partie par ce système, dont :
- l'isolation des murs, des toitures ou des combles ;
- le remplacement des anciennes chaudières ;
- l'installation de pompes à chaleur ;
- la rénovation énergétique des copropriétés ;
- certaines aides à la mobilité électrique.
Pour de nombreux ménages, ces primes représentent plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d'euros. C'est le cœur de l'argument des défenseurs du dispositif : sans cette enveloppe, il n'y aurait pas assez de fonds pour aider les Français à financer leurs travaux.
Supprimer les CEE baisserait le prix, mais ouvrirait un trou de plusieurs milliards
Le raisonnement des opposants tient en une ligne : sans CEE, le prix à la pompe pourrait reculer. L'ampleur exacte du gain, elle, n'est pas connue. Rien ne garantit donc que vous économiseriez les 9 euros évoqués par les plus offensifs sur un plein de 50 litres.
En face, la suppression créerait un trou de plusieurs milliards d'euros dans le financement de la rénovation énergétique. L'État dispose de peu de moyens pour la transition énergétique et cherche à faire des économies partout où il le peut : il aurait du mal à compenser.
Le secteur de la rénovation énergétique dénonce une mesure qui fragiliserait le financement des travaux. La question dépasse donc le seul prix du carburant : alléger le plein d'un côté, c'est potentiellement alourdir la facture des chantiers de l'autre.
Vos questions
Que sont les certificats d'économies d'énergie ?
C'est un dispositif créé par l'État en 2005. Il oblige les fournisseurs d'énergie et les distributeurs de carburants à financer des économies d'énergie et des travaux de rénovation, notamment les primes pour l'isolation, les pompes à chaleur ou le changement de chaudière.
Combien les CEE coûtent-ils sur un plein ?
Selon les partisans de leur suppression, entre 15 et 18 centimes par litre, soit jusqu'à 9 euros sur 50 litres. D'autres estimations officielles sont plus basses, et l'ampleur exacte d'un éventuel gain à la pompe reste inconnue.
Que se passerait-il si on supprimait les CEE ?
Le prix à la pompe pourrait baisser, sans que l'on sache de combien. En contrepartie, il manquerait plusieurs milliards d'euros pour financer les aides à la rénovation énergétique, ce que dénonce le secteur du bâtiment.
Sources : notretemps.com.