À Vaujours, en Seine-Saint-Denis, brancher une voiture personnelle sur une borne municipale a suffi à déclencher une crise. Le premier adjoint, Aissam Krouna, a perdu ses délégations le 6 octobre. Une vérification doit compter les recharges et chiffrer l'électricité consommée, puis un remboursement devrait lui être réclamé.
En bref
- Le 6 octobre 2026, la maire Inès Merbah a retiré ses délégations et ses pouvoirs de signature à Aissam Krouna.
- Une vérification administrative doit compter les recharges et chiffrer l'électricité consommée, puis un remboursement devrait être réclamé à l'élu.
- Aissam Krouna reste premier adjoint pour l'instant : un nouveau conseil municipal doit décider de son maintien dans cette fonction.
Le chiffre clé : 6 octobre 2026, date de l'arrêté retirant ses délégations au premier adjoint de Vaujours.
Le premier adjoint perd ses délégations quatre jours après le conseil municipal
L'arrêté est daté du mardi 6 octobre 2026. Il retire à Aissam Krouna, premier adjoint de Vaujours et notamment chargé de l'urbanisme, l'ensemble de ses délégations ainsi que ses pouvoirs de signature. L'élu ne peut donc plus signer d'actes au nom de la commune dans les domaines qui lui étaient confiés.
Le texte justifie la mesure par « l'intérêt de la bonne marche de l'administration de la commune ». La sanction tombe vite : le sujet avait été débattu en séance le vendredi 2 octobre.
Voici la chronologie de l'affaire, telle qu'elle ressort aujourd'hui.
| Date | Ce qui s'est passé |
|---|---|
| Vendredi 2 octobre 2026 | Conseil municipal : l'opposition dénonce les recharges, la maire reconnaît les faits et annonce des contrôles internes. |
| Mardi 6 octobre 2026 | Arrêté municipal : retrait des délégations et des pouvoirs de signature du premier adjoint. |
| À venir | Vérification des recharges, demande de remboursement, puis vote d'un nouveau conseil municipal sur son maintien. |
Une alerte de l'opposition, une maire qui promet d'être intransigeante
Tout part d'un signalement du groupe d'opposition Intégrité pour Vaujours. Ses élus affirment que le premier adjoint a utilisé les bornes de la ville pour sa voiture personnelle. Ils parlent d'un détournement des moyens de la collectivité.
Leur argument vise le contexte. Selon eux, le prix des énergies pèse déjà sur les ménages comme sur les commerçants locaux, et l'attitude d'un élu dans ce cas devient « inacceptable » et « profondément irresponsable ». Une phrase résume leur position : « Un élu doit être exemplaire ».
Lors du conseil du 2 octobre, la maire n'a pas cherché à éteindre le débat. Elle a reconnu les faits et promis des contrôles. Citée par actu.fr, Inès Merbah a prévenu : « Je serai intransigeante ». Elle a ensuite posé le principe.
« L'utilisation des équipements et des moyens appartenant à la collectivité doit s'inscrire dans un cadre clair et respectueux des règles applicables à tous. »
Inès Merbah, maire de Vaujours, citée par actu.fr
Une vérification doit chiffrer chaque recharge et un remboursement est attendu
La mairie ne s'arrête pas au retrait des pouvoirs. Une vérification administrative doit recenser le nombre exact de recharges effectuées sur les bornes municipales. Elle doit aussi calculer le coût de l'électricité consommée par le véhicule personnel de l'élu.
Une fois ce chiffrage établi, un remboursement devrait être réclamé à Aissam Krouna. Pour l'instant, rien n'est dit sur le montant en jeu. Le modèle de la voiture concernée n'est pas non plus précisé.
Le premier adjoint conserve son titre au sein de l'exécutif. Mais un nouveau conseil municipal doit se prononcer sur son maintien ou non dans cette fonction. L'affaire reste donc ouverte, avec deux rendez-vous à suivre : le résultat de la vérification et le vote des élus.
Ce que l'affaire dit des bornes payées par les contribuables
Les bornes de Vaujours appartiennent à la commune. Elles sont financées par les contribuables, et c'est précisément ce que l'affaire met en lumière : brancher sa voiture personnelle dessus, c'est consommer de l'électricité dont le coût retombe sur la collectivité.
Le dossier montre aussi une chose très concrète. Une recharge laisse une trace, que la commune peut compter et chiffrer. C'est ce que la vérification annoncée doit faire, session après session, pour établir ce qui doit être remboursé.
Pour l'automobiliste, le message est simple. Un équipement public de recharge n'est pas un service gratuit réservé à ceux qui le gèrent, et son usage peut être contrôlé. À ce stade, il n'est question que d'une sanction administrative et d'un remboursement, et rien n'indique que d'autres personnes soient visées.
Vos questions
Que reproche-t-on au premier adjoint de Vaujours ?
Aissam Krouna est mis en cause pour avoir rechargé sa voiture personnelle sur les bornes électriques appartenant à la commune. Le signalement vient du groupe d'opposition Intégrité pour Vaujours. La maire a reconnu les faits lors du conseil municipal du 2 octobre.
Le premier adjoint a-t-il perdu son poste d'élu ?
Pas à ce stade. Il a perdu ses délégations et ses pouvoirs de signature par arrêté le 6 octobre, mais il conserve son titre de premier adjoint. Un nouveau conseil municipal doit se prononcer sur son maintien dans cette fonction.
Combien doit-il rembourser ?
Le montant n'est pas connu. Une vérification administrative doit d'abord compter les recharges et chiffrer l'électricité consommée. Un remboursement devrait ensuite être réclamé à l'élu.
Sources : autojournal.fr.